Créé en 2008, le moteur de recherche d’emploi Glassdoor a très vite pris du galon grâce à son originalité. Dès le choix de son nom, l’entreprise annonce la couleur ! Dérivé de l’expression « Glass Ceiling », un plafond de verre empêchant certaines catégories sociales de monter dans la hiérarchie, Glassdoor entend ouvrir les portes des entreprises aux candidats. Mais cette fois-ci, la donne a changé : c’est au tour des entreprises d’être évaluées par les anciens et actuels salariés sur plusieurs critères. De quoi donner des sueurs froides aux entreprises ? Pas forcément !

Meilleur ami des demandeurs d’emploi

Avant de faire cas des entreprises, c’est avant tout aux demandeurs d’emploi que s’adresse Glassdoor et, avec 1,7 millions de visites par mois, ceux-ci le lui rendent bien ! Le but de Glassdoor est de leur fournir le plus de renseignements possibles afin de les aider à faire le bon choix. Une recherche d’emploi est un chemin parsemé d’embûches : difficile de ne pas se perdre dans la multitude d’annonces approximatives ! Les détails manquent et les informations lacunaires sont synonymes d’une grande perte de temps pour les candidats. Glassdoor propose un service complet qui se veut le plus exhaustif sur le marché. La recherche est rapide et quelques mots clés suffisent à faire surgir des centaines d’offres d’emploi. Celles-ci peuvent être triées par type de contrat, date de publication, localisation, taille de l’entreprise… Les filtres ne manquent pas et permettent d’affiner la recherche rapidement. Mais surtout, ce sont les informations qui viennent compléter chaque annonce qui sont à l’origine du succès de la plateforme. On retrouve en effet des renseignements complémentaires non négligeables. Au-delà de l’habituelle fiche de poste, le candidat peut consulter des informations sur l’entreprise, une indication des salaires, une évaluation chiffrée, les avantages sociaux mais aussi des avis ! Ces avis, publiés de façon anonyme par les employés actuels et passés leurs permettent de partager leur expérience dans l’entreprise. Les candidats ayant passé un entretien dans l’entreprise sont aussi invités à laisser un avis sur le déroulement de ce dernier tout en signalant si la réponse finale a été positive ou non.  

Une nouvelle donne pour les RH

L’apparition de Glassdoor est une petite révolution dans le monde des ressources humaines. En effet, si le bouche à oreille pouvait retenir certains candidats après le récit d’une expérience difficile, ce témoignage apparaîtra à présent au moment de postuler : de quoi refroidir les plus téméraires ! Mais il faut y voir l’occasion de bannir certaines pratiques des mœurs professionnelles. Car si les salariés ne sont pas toujours exemplaires, les entreprises sont loin d’être irréprochables. L’absence de réponse aux candidatures, les entretiens bâclés et parfois discriminants doivent laisser place à une réelle considération envers les potentiels salariés. Et pour ceux déjà en poste, les abus, qu’ils viennent de la direction ou de l’équipe devront être gérés sous peine de venir ternir la marque employeur des entreprises. Or ces dernières ne peuvent se permettre de limiter leurs chances auprès des talents. Selon une étude de pôle emploi, 59% des entreprises anticipent des difficultés à recruter pour l’année 2019 ; il est temps de sortir le grand jeu pour faire rayonner sa société sur le marché du travail.

Car si la plateforme a pour conséquence de dévoiler au grand jour des pratiques peu exemplaires, elle permet aussi de redorer l’image d’une entreprise à travers une multitude d’avis positifs. La structure des avis tend à une certaine exhaustivité de la part de ceux qui les partagent. Il est en effet nécessaire, pour envoyer un avis, de noter l’entreprise sur un barème de 1 à 5, de stipuler si elle est recommandée et de partager les avantages ainsi que les inconvénients. Tout est fait pour éviter une critique manichéenne et pour prétendre à un jugement global. Enfin, des conseils à la direction peuvent être ajoutés dans un but d’amélioration future. Il est dès lors plus que jamais recommandé aux entreprises, pour faciliter le recrutement, de soigner les relations avec les candidats et employés !

Glassdoor a donc son rôle à jouer dans la course aux talents et peut, à terme, devenir un moyen de temporiser les abus qui ont lieu dans le monde du travail. La transparence semble être la clé de cette harmonie même si l’on peut déplorer qu’il faille user de la menace pour limiter les excès.

Des moyens de détourner la plateforme

Cependant, une objection pourrait être faite au moteur de recherche d’emploi. Les avis et autres informations renseignés par les inscrits ne reposent que sur leur bonne foi et malheureusement, il serait impossible d’engager des procédures afin de vérifier la véracité de chaque commentaire. La plateforme Glassdoor peut, dès lors, être utilisée par la concurrence ou par des salariés déçus à des fins malhonnête par le biais d’accusations sans fondement. Un abus rendu possible par l’anonymat des commentaires qui permet paradoxalement de partager un avis honnête sans s’exposer. Il est en effet peu probable que des salariés en poste prennent le risque de critiquer ouvertement leur entreprise sur internet ! Un arrêt rendu par la Cour de cassation le 11 avril 2018 a par ailleurs justifié le licenciement d’un employé pour faute grave alors qu’il avait critiqué, sur un site dédié à la notation des entreprises, l’agence de communication dans laquelle il exerçait.

Toutefois, il s’avère que dans le cas d’une entreprise bienveillante envers ses collaborateurs, la malhonnêteté d’un individu souhaitant nuire serait sans doute isolée au milieu des avis positifs. Les entreprises peuvent également se tourner vers la solution premium (c’est-à-dire payante) de Glassdoor. Celle-ci donne accès à la modification de la page de l’entreprise, au droit de réponse, à la mise en avant de certains commentaires ainsi qu’aux statistiques clés qui renseignent notamment sur les visites de la page.

Mais, si la plateforme peut être détournée dans le but de nuire à une entreprise, elle peut tout aussi bien l’être afin de la valoriser ! Rien n’empêche en effet les membres d’une entreprise de publier de faux avis sur Glassdoor afin de la mettre en avant et de renforcer, de manière tronquée, la marque employeur. Il faut donc garder à l’esprit que les avis postés sur Glassdoor ne sont en aucun cas une valeur sûre et qu’il est essentiel de rester sceptique, quelle que soit l’image d’une entreprise sur cette plateforme.

Cependant, il est certain que les entreprises ont tout intérêt à s’inscrire sur Glassdoor et à surveiller l’évolution de leur marque employeur car les enjeux sont immenses. Les RH peuvent donc être rassurés : si une entreprise prend soin de ses employés, il est à parier que ceux-ci sauront lui rendre la pareille.

Les entreprises en tête du classement français 2019

Chaque année, un palmarès est établi par Glassdoor afin de valoriser les entreprises les mieux notées par leurs collaborateurs. Voici les entreprises préférées des français en 2019 :

1.      Hermès

2.      Criteo

3.      Ubisoft

4.      Adrexo

5.      Saint-Gobain

Vous voulez faire partie du classement 2020 ? Il est temps de soigner vos collaborateurs. Formations, activités sportives, team building, amélioration du cadre de vie : les idées ne manquent pas !