Lancé en 2005, Actineo se présente comme « l’Observatoire de la qualité de vie au bureau ». Ce sont les espaces de travail qui sont ici dans le viseur. Selon Actineo, l’aménagement des espaces et du cadre de travail sont des sources essentielles d’épanouissement en entreprise qui sont pourtant bien souvent mises de côté. Cependant, d'après cette étude, seulement 22% des salariés seraient satisfaits de leur lieu de travail ! Tous les 2 ans, Actineo publie un baromètre dans le but de mesurer et d’analyser les habitudes des français au travail. Voici les résultats du rapport de 2019.

Les bureaux fermés toujours majoritaires

Malgré la mise en avant des open-spaces, les bureaux fermés restent en première place des postes de travail en France. Avec 66% de collaborateurs concernés, ce type d’installation est en tête des aménagements d’espace sur le lieu de travail. Cependant, ceux-ci ne sont pas toujours individuels : dans la moitié des cas ils sont partagés entre deux salariés.

Les open-spaces, eux, concernent 34% des employés en France. Un chiffre minoritaire mais tout de même très conséquent qui interroge, alors que les espaces collectifs de travail sont actuellement remis en question par les experts. Ils seraient en effet trop bruyants, source de conflits et ne favoriseraient pas la performance des salariés. Mais parmi ces 34%, seulement 12% des collaborateurs travaillent dans un open-space de plus de 10 personnes.

L’espace de travail : un facteur clé selon les salariés

Les actifs français considèrent que l’espace de travail est essentiel à leur bien-être. Mais lorsqu’ils sont interrogés sur l’impact d’un aménagement sain des espaces de bureaux, c’est la santé, plus que le confort, qui revient le plus souvent avec 50% de mentions. Le bien-être (48%), la motivation (43%) et l’efficacité (41%) font également partie des réponses les plus récurrentes.  

Une progression du télétravail

Le télétravail commence à s’inscrire dans les mœurs avec 53% de salariés concernés. Une augmentation de 5 points par rapport à l’étude précédente, publiée en 2017. Mais ce sont surtout les tiers lieux qui connaissent une envolée. 39% des actifs déclarent utiliser un tiers lieu pour 61% des Millenials (19 – 29 ans). Les espaces de coworking (des lieux de travail commun) sont en tête avec 38% des actifs concernés, suivi de près par les incubateurs (espaces de travail partagés par plusieurs entreprises) avec 28% et enfin les fablabs (lieux ouverts au public avec mise à dispositions d’outils pour la réalisation d’objets) qui touchent, eux, 27% des actifs.

Une satisfaction apparente côté bien-être

Selon l’étude d’Actineo, 87% des salariés se disent satisfaits de leur qualité de vie au travail. Un chiffre en hausse de 7 points depuis 2017. On constate ici un net progrès qui résulte de la prise de conscience de l’importance de la qualité de vie au travail. Celle-ci est aujourd’hui au cœur des préoccupations de la plupart des entreprises. Pourtant, 46% des actifs disent, en parallèle, être stressés au bureau et 42% reprochent à leur travail de parfois manquer de sens. Or la quête de sens est aujourd’hui l'une des caractéristiques majeures des salariés qui ne recherchent pas seulement un salaire attractif mais plutôt un travail enrichissant. C'est également l'une des particularités des Millenials : la nouvelle génération de travailleurs qui représentera bientôt la majorité des actifs. Mais le plus alarmant : 32% des actifs ressentent le besoin de s’arrêter alors qu’ils ne sont pas malades. Cette envie de fuir le bureau doit être prise au sérieux par les managers sous peine d’être confrontés à une hausse du taux d’absentéisme et à un turnover croissant. Une nécessité quand on sait que 32% des collaborateurs pensent que leur employeur ne se soucie pas de leur bien-être.

L’avis des actifs : la victoire du bureau individuel

Ce que l’étude révèle sur le désir des collaborateurs est que 66% des insatisfaits de leur qualité de vie au travail le sont car ils estiment que leur lieu de travail n’est pas adapté à leurs besoins. Le choix des actifs français parmi les nombreuses solutions qui s’offrent à eux aujourd’hui se porte à 59% sur le bureau individuel fermé. A défauts, un espace collectif de petite taille est ce qui semble le plus adaptés à un travail efficace. C’est avant tout la volonté de s’isoler pour pouvoir travailler dans le calme qui prime chez les salariés. La preuve en est, l'open-space tel qu'on le connaît arrive en dernière position : signe du déclin d'un modèle surévalué.