Une enquête publiée le 12 mars 2019 a révélé que le temps moyen de sommeil des français en 2017 était de 6 heures et 42 minutes en semaine, contre 7 heures et 9 minutes dans la précédente étude datant de 2010. Des résultats alarmants lorsque l'on se penche sur les conséquences globales du manque de sommeil. Car si dormir peut sembler être une perte de temps, le sommeil a pourtant un impact élevé sur l'espérance de vie, la santé et le mental. La fatigue est l'ennemi public numéro un du travail, le Mesrine de la productivité ! Il est temps vous inquiéter des nuits de sommeil de vos collaborateurs si vous les voulez efficaces. La team Windoo se penche sur cette thématique au cœur de l'actualité.

La fatigue : un réel enjeu professionnel

"Vos paupières sont lourdes, très lourdes. Votre regard devient fixe et vous ressentez une immense fatigue." Non, vous n'êtes pas en train de regarder le dernier spectacle de Messmer ! Vous êtes au bureau, il est 15h30 et il faut vous rendre à l'évidence : vous auriez mieux fait de vous coucher plus tôt la veille.

Le manque de sommeil est une vraie plaie pour la productivité. Le temps passé sur une tâche peut rapidement passer du simple au double et vous retarder considérablement dans votre avancée. De plus, la fatigue augmente la probabilité de faire des erreurs. D'après une étude américaine parue dans le Journal of Experimental Psychology: General, chaque jour, 11 éponges sont oubliées dans le corps de patients lors d'interventions chirurgicales. Des erreurs qui peuvent être lourdes de conséquences et qui auraient un lien direct, selon le rapport, avec le manque de sommeil. Kimberly Fenn, professeure à la Michigan State University et co-auteure de l'étude rappelle que, dans l'enquête ouverte suite à la catastrophe de Tchernobyl, il a été révélé que celle-ci provenait d'une erreur humaine, partiellement due à un manque de sommeil de la part des techniciens. Pas besoin de diriger une centrale nucléaire pour s'inquiéter des résultats de ses collaborateurs ! De plus, le manque d'efficacité n'est que l'une des nombreuses conséquences d'une grande fatigue. C'est également le moral qui est en jeu et donc les relations socio-professionnelles. Pour la cohésion d'équipe, il est nécessaire que vos collaborateurs soient épanouis et cela passe aussi par le sommeil.

Une fatigue aux causes multiples

Plusieurs facteurs sont à l'origine du manque de sommeil et on constate rapidement qu'entre travail stressant et nuits agitées se forme un cercle vicieux.

Le stress est une réaction naturelle face à une situation inhabituelle et perturbante qui est alors considérée comme dangereuse pour l'intégrité physique ou morale d'une personne ; il est associé à une prise de risque. Le corps se met alors en alerte afin d'optimiser ses capacités. Car on l'oublie souvent mais le stress n'est pas toujours négatif. Si pour certains il est synonyme de perte de moyens, pour d'autre il agit plutôt comme un stimulant et vient augmenter la concentration ainsi que les performances. C'est pourquoi il est essentiel d'apprendre à maîtriser son stress. Quoi qu'il en soit, cet état peut déclencher des troubles du sommeil non-négligeables pour le bien-être. Une activité professionnelle stressante est donc peut-être la cause de vos insomnies à répétition. Ironie du sort, les troubles du sommeil génèrent du stress et celui-ci... vient troubler le sommeil ! Il suffit en général de penser à l'insomnie tant redoutée alors que l'on se prépare à dormir et celle-ci apparaît, comme une prophétie auto-réalisatrice. Mais surtout, le manque de sommeil vient réduire les capacités des collaborateurs. Conscients qu'ils sont moins performants que d'habitude dans la réalisation des tâches qui leurs sont assignées, ces derniers se retrouvent d'autant plus stressés : la boucle est bouclée.

"Le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver" ?

Bien entendu, la clé du problème n'est pas d'arrêter de travailler, même si cela vous laisserait tout le loisir de dormir. D'autres solutions sont envisageables afin de préserver votre sommeil et par extension votre santé.

  • Un aménagement des horaires : certaines entreprises permettent à leurs collaborateurs de débuter la journée un petit peu plus tard afin de pouvoir profiter de quelques minutes de sommeil supplémentaires. Parfois une demi-heure de sommeil en plus peut être décisive pour la journée à venir ! Encore faut-il en profiter pour se reposer et ne pas veiller en remerciant le ciel de commencer un peu plus tard.
  • Le télétravail : c'est en effet un moyen simple et efficace pour que vos collaborateurs puissent se reposer davantage. Alors que les temps de trajet s'allongent pour de nombreux collaborateur, le télétravail permet parfois de gagner plus d'une heure de sommeil et de s'éviter la fatigue d'un aller-retour ! Certains postes ne permettent pas le télétravail mais dans la plupart des cas un aménagement de la semaine peut être mis en place afin de garder pour un même jour toutes les tâches qui ne nécessitent pas d'être physiquement présent sur son lieu de travail. Le télétravail a aujourd'hui fait ses preuves et ne représente pas une prise de risque, bien au contraire ! Les études s'accordent à dire que les collaborateurs sont plus productifs lorsqu'ils travaillent depuis leur domicile.
  • Une salle de repos : l'idée peut paraître saugrenue, et pourtant ! De plus en plus de collaborateurs profitent de leur pause déjeuner pour faire une sieste et les résultats sont positifs. C'est d'ailleurs une pratique courante pour la NASA qui, après une étude poussée, a affirmé que ses pilotes étaient "beaucoup plus alertes et performants" après une sieste de seulement 25 minutes. Chez Windoo, la sieste est rentrée dans les mœurs et on peut souvent apercevoir un salarié paisiblement endormi dans le coin repos entre midi et deux. Malheureusement l'idée a encore un long chemin à faire en France avant d'être acceptée par le plus grand nombre. Si elle est ici associée à de la flemmardise, c'est pourtant une pratique courante en Chine. Pire encore : ne pas faire la sieste durant sa pause déjeuner est très mal vu là-bas. Un collaborateur qui ne fait pas la sieste est alors un collaborateur qui se néglige ! Sans en arriver à des extrêmes, il serait peut-être temps de revoir nos à priori.